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vendredi 15 juin 2012

Privé de fenêtres pour cause de loyer impayé



Un locataire de la ville de Tulle, s’est vu retirer trois de ses fenêtres par un propriétaire en colère contre ses retards de paiement.

Jean-Michel Delbe vit avec son fils de dix-neuf ans dans son appartement tulliste depuis juin dernier, informe La Montagne. Après avoir perdu son emploi, il a pris du retard dans le paiement de ses loyers, et reconnaît devoir environ trois mille euros à son propriétaire. Celui-ci, qui lui en réclame plus de cinq mille et était lassé d’attendre, a donc pénétré dans le logement en l’absence de son locataire fin décembre, et décidé de lui confisquer ses fenêtres. Puis, il a exercé un chantage sur M. Delbe : s’il régularise ses dettes, il reverra ses fenêtres et obtiendra un contrat de bail. En effet, le logement n’était loué que dans le cadre d’un bail verbal.

Une chambre froide en plein hiver

Mais l’intéressé se voit dans l’impossibilité de verser une telle somme dans l’immédiat. Situation d’autant plus alarmante que les températures baissent. Un froid polaire règne dans l’appartement, et le résidant tente de bloquer l’entrée des courants d’air avec des cartons ou du linge. Les radiateurs tournent en permanence pour éviter le gel, ce qui est peu efficace et très onéreux : la facture de gaz du locataire a doublé depuis qu’il n’a plus ses fenêtres…

Un bail verbal ne donne pas tous les droits au propriétaire

« Le propriétaire reste persuadé d’être dans son bon droit, et il croit à tort que l’absence de bail écrit justifie ses agissements », explique à LaVieImmo.com Maître Couturon, chargé de la défense de Jean-Michel Delbe. Le bail écrit prévoit pourtant une clause résolutoire permettant la résiliation de plein droit du contrat via commandement en cas de défaut de paiement. En revanche, le bail verbal qui a été conclu entre les deux hommes ne prévoit aucune clause résolutoire. Le propriétaire a donc agi de manière arbitraire, et le procès qui se tiendra le 15 février ne risque pas de lui donner raison. Les plaintes déposées contre le « voleur de fenêtres » sont nombreuses : tout d’abord, le locataire fera valoir son droit d’avoir un bail. Par ailleurs, selon l’Agence nationale d’information sur le logement (Anil), le propriétaire est coupable de violation de domicile avec intention de faire du mal, et de location de logement insalubre. Ardoise chargée pour celui qui a déclaré à La Montagne ne pas être «le Secours catholique », et ne fait certes pas figure de saint en ce rude hiver.

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Un escroc devenu directeur d'aéroport avec un faux CV


Un homme, déjà condamné pour s'être fait passer pour un policier puis pour un militaire, a décroché la direction de l'aéroport de Limoges avec un faux CV.

Jean-Pierre Gaillard est un escroc de talent. Début novembre, cet homme de 43 ans était présenté comme le nouveau directeur de l'aéroport international de Limoges. Son CV était flatteur: ancien pilote de chasse dans la Marine nationale, ingénieur de l'Ecole nationale d'aviation civile (ENAC), il dirigeait jusqu'alors une filiale de la société Entrepose Contracting (Groupe Vinci). Lors de son arrivée à Limoges, il avait décrit ses actions de militaire durant les deux guerres du Golfe, en ex-Yougoslavie et au Liban, lors d'une interview accordée à la presse locale.

C'est finalement une cliente de l'aéroport qui l'a reconnu sur une photo et a donné l'alerte fin janvier. Et le masque est tombé. Jean-Pierre Gaillard n'était rien de ce qu'il prétendait être et surtout n'était pas qualifié pour diriger l'aéroport de Limoges qui fait voyager plus de 400.000 passagers par an et est desservi par quatre compagnies: Air France (via sa filiale Britair), Ryanair, Flybe et Airlinair.

Pire, Jean-Pierre Gaillard avait déjà été condamné à différentes peines, dont des peines de prison ferme, par les tribunaux de Pontoise (Val-d'Oise), d'Agen (Lot-et-Garonne), Périgueux (Dordogne) et de Bordeaux (Gironde) pour plusieurs délits: dégradations de biens, incendie, faux et usage de faux, escroquerie, abus de confiance, vols… En 1995, il s'était déjà fait passer pour un policier. L'année suivante, il avait produit de faux documents militaires. Malgré ces nombreuses condamnations, il avait réussi à produire un extrait de casier judiciaire vierge pour se faire embaucher à la direction de la plate-forme aéroportuaire de Limoges.

«Une vraie mystification comme on en voit dans les romans»

Sur l'aéroport, tout le monde est tombé des nues. «Personne n'a eu l'esquisse d'un début de soupçon. Il a totalement fait illusion», a reconnu Jean-Pierre Limousin, le directeur de la chambre de commerce et d'industrie (CCI), gestionnaire de l'aéroport. L'intéressé a estimé avoir été victime d'«une vraie mystification comme on en voit dans les romans ou au cinéma».

Jean-Pierre Gaillard est aujourd'hui introuvable. Son contrat prévoyait une année d'essai: la Chambre de commerce et d'industrie a donc mis fin à son contrat immédiatement et sans préavis. Aucune plainte n'a été déposée, la CCI ne s'estimant, pour l'instant, victime d'aucun préjudice: l'usurpateur aurait fait preuve de grandes qualités professionnelles dans ses nouvelles fonctions et aurait abattu un travail remarquable, selon ses proches collaborateurs.

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